Aller au contenu
Oenopia

Cépage blanc · Val de Loire

Chenin blanc

Pineau de la Loire (usage traditionnel, Val de Loire (France)) · Blanc d'Anjou (Anjou (France)) · Gros Pineau (usage ancien, Val de Loire (France)) · Steen (Afrique du Sud, usage historique)

Profil aromatique

Arômes primaires

  • Pomme verte
  • Coing
  • Poire
  • Citron
  • Silex

Arômes tertiaires

  • Camomille
  • Miel
  • Cire d'abeille

Structure

Acidité4–5
Tanin1–1
Corps2–4
Alcool2–4

Identité

Le chenin blanc est le cépage caméléon du Val de Loire. D'une même parcelle, selon le millésime et la main du vigneron, il peut donner un mousseux, un sec tendu et minéral, un demi-sec ou un liquoreux porté par la pourriture noble — une amplitude de styles que peu de cépages au monde peuvent revendiquer.

Ce qui rend cette gymnastique possible tient à une seule qualité : une acidité exceptionnellement haute, qui structure aussi bien un sec de dix ans qu'un liquoreux de cinquante.

Histoire et origine

Cépage très ancien, probablement originaire d'Anjou, où on le mentionne dès le IXe siècle sous le nom de plant d'Anjou. Le nom « chenin » n'apparaît que plus tard, rattaché au mont Chenin en Touraine.

Sur sa filiation, le VIVC est prudent : il ne documente pas un croisement à deux parents identifiés, mais une relation parent-descendant avec le savagnin blanc, qui en serait un parent confirmé par marqueurs — le second restant inconnu. C'est la même incertitude, dans ce corpus, que pour le riesling ou pour le sauvignon blanc, qui partage lui aussi une relation avec le savagnin blanc sans filiation complète établie.

À la vigne

Le chenin débourre tôt, un jour avant le chasselas, ce qui l'expose aux gelées de printemps — un risque d'autant plus sérieux que ses bourgeons secondaires, en cas de gel, montrent une fertilité très faible. Sa maturité est de deuxième époque, trois à trois semaines et demie après le chasselas.

Sa vigueur est forte. Il craint la pourriture grise et l'oïdium, mais résiste mieux au mildiou, au black-rot et à l'anthracnose. Sa production dépend fortement de la fertilité agronomique du sol : les tuffeaux et schistes de Vouvray, Savennières et Saumur, plus pauvres, donnent ses versions les plus tendues et les plus fines.

Dans le verre

Au nez, la pomme verte et le citron dominent les versions sèches et jeunes, avec une pointe de poire. Le coing s'installe dans les demi-secs et les liquoreux, aux côtés du miel et de la cire d'abeille avec l'âge. Sur les grands secs de Savennières, une note de silex minéral apparaît, signature d'un terroir de schiste. La camomille ponctue certaines versions évoluées.

En bouche, l'acidité est la plus haute de ce corpus avec le riesling : 4 à 5, jamais moins, quel que soit le style. Le tanin est nul (cépage blanc), le corps et l'alcool varient largement (2 à 4) selon qu'on a affaire à un mousseux léger ou à un liquoreux concentré — d'où un potentiel de sucrosité qui couvre toute l'échelle, du sec absolu au grand liquoreux botrytisé.

Grands terroirs

Le Val de Loire, son berceau probable, est sa terre d'élection en France : Savennières pour les secs les plus austères et les plus longs à s'ouvrir, Vouvray et Montlouis pour toute la gamme sec-demi-sec-moelleux-mousseux sur une même appellation, les Coteaux du Layon, Bonnezeaux et Quarts de Chaume pour les liquoreux de pourriture noble, portés par le microclimat du Layon.

Hors de France, l'Afrique du Sud en a fait, sous le nom de Steen, son cépage blanc le plus planté pendant l'essentiel du XXe siècle, avant un regain d'intérêt qualitatif récent pour de vieilles vignes non irriguées.

Ce qu'on confond avec

Le riesling est le rapprochement le plus naturel : même haute acidité, même aptitude à couvrir tout l'éventail sec-liquoreux. Le riesling est plus aromatique et plus net sur les agrumes et le pétrole avec l'âge ; le chenin est plus cireux, plus rond, avec une texture souvent plus riche à niveau de sucre égal.

Le sémillon, autre grand cépage botrytisable de ce corpus, n'a ni l'acidité ni la vivacité du chenin : plus gras, moins tendu, il vieillit vers la cire et le safran plutôt que vers le coing et le miel.

Sources

  1. Ouvrage de référenceThe Oxford Companion to Wine— Oxford University Press
  2. Ouvrage de référenceWine Grapes: A Complete Guide to 1,368 Vine Varieties, Including Their Origins and Flavours— Allen Lane / Ecco (HarperCollins)
  3. Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
  4. Source officielleVIVC passport data — CHENIN BLANC (variety number 2527)— Julius Kühn-Institut — Vitis International Variety Catalogue
  5. InterprofessionVins de Loire — site officiel d'InterLoire— InterLoire — Interprofession des Vins du Val de Loire
  6. Ouvrage de référenceWSET Level 3 Systematic Approach to Tasting Wine (SAT)— Wine & Spirit Education Trust