Cépage noir · Beaujolais
Gamay de Chaudenay
Profil aromatique
Arômes primaires
- Cerise
Structure
Identité
Le gamay de Chaudenay est une mutation d'une mutation.
Le gamay N a muté une première fois à Bouze-lès-Beaune, donnant le gamay de Bouze, teinturier à pulpe colorée. Celui-ci a muté à son tour, et le résultat a été observé en 1832 par J.-M. Bidault de Chaudenay, dont il porte le nom.
Trois degrés depuis le gamay, chacun plus coloré que le précédent. C'est la chaîne de mutations la plus longue que ce corpus documente.
Une date, et ce qu'elle vaut
1832, et un nom d'observateur. Ce corpus n'a que deux autres cépages aussi précisément datés : le muscat ottonel (1839, Moreau-Robert et Ottonel) et le caladoc (1958, Paul Truel).
La différence compte. Le muscat ottonel et le caladoc sont des croisements voulus — on a choisi deux parents et semé la graine. Le gamay de Chaudenay est une mutation trouvée : personne ne l'a fait, quelqu'un l'a remarquée.
C'est tout le travail ampélographique du XIXe siècle tenu dans une distinction : repérer, dans une parcelle, le rameau qui n'est pas comme les autres, et le bouturer avant qu'il ne disparaisse.
À la vigne
Débourrement et maturité précoces, comme toute la famille. Comportement sanitaire « identique à celui du gamay N » : la mutation n'a rien changé à la plante.
Une exception, tout de même : sa vigueur est faible, là où le gamay N est vigoureux. C'est le seul écart agronomique que la source retienne.
Dans le verre
Encore plus coloré que le gamay de Bouze, et encore moins fruité que le gamay N.
Chaque degré de la chaîne échange de l'arôme contre de la couleur. À l'extrémité, on obtient un raisin dont la seule qualité est la matière colorante — ce qui est exactement ce qu'on demande à un teinturier d'assemblage, et rien de plus.
Le seul descripteur de cette fiche, la cerise, est une lecture du registre du gamay, pas une citation.
Où il est nommé
En Beaujolais et en Beaujolais-Villages, cépage accessoire des rouges et des rosés — les deux mêmes appellations que le gamay de Bouze.
Ce qu'on confond avec
Le gamay de Bouze, son parent immédiat, qu'il ne se distingue que par le degré de coloration. Et le gamay fréaux, que la source donne comme le plus coloré des trois, sans fiche ici.
Trois teinturiers issus du même gamay, classés par intensité de couleur : c'est une famille dont l'ordre est une échelle, pas une arborescence.
Sources
- Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
- Source officielleCahier des charges des appellations d'origine contrôlées « Beaujolais » et « Beaujolais » suivie de la mention « Villages »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) / Ministère de l'agriculture