Cépage noir · Margaux
Petit verdot
Verdot (Médoc (France)) · Petit Verdau (Sud-Ouest (France))
Profil aromatique
Arômes primaires
- Violette
- Myrtille
- Réglisse
Structure
Identité
Le petit verdot est le cinquième cépage de Bordeaux, celui dont on parle toujours au pourcentage. Deux, trois, parfois cinq pour cent d'un assemblage médocain — et pourtant chaque cahier des charges des grandes communales le nomme.
Ce qu'il apporte est disproportionné à sa part : de la couleur, du tanin, et une note florale que les cabernets ne donnent pas.
Un problème de calendrier
Sa rareté n'est pas une affaire de goût mais de dates, et elles sont contre-intuitives.
Pl@ntGrape le situe au débourrement trois jours après le chasselas — tôt — et à maturité de mi-saison, trois semaines et demie à quatre semaines après lui. Sur l'échelle nationale, ce n'est pas un cépage tardif.
Mais l'échelle qui compte ici est celle du Médoc, où il mûrit après le cabernet-sauvignon, lui-même déjà tardif. Débourrer tôt et finir après tout le monde, c'est occuper la vigne pendant la totalité de la saison : exposé aux gelées de printemps au début, à la pluie d'automne à la fin. Ajoutez la coulure, à laquelle il est sensible, et l'on comprend pourquoi il n'occupe que les croupes de graves les plus chaudes — les seules qui le mènent au bout.
Le résultat est brutal : en millésime frais, il ne mûrit pas, et l'on assemble sans lui.
Ce qu'il met dans le verre
Pl@ntGrape en dit ceci, et rien de plus : « des vins très puissants, riches, colorés et tanniques ».
La structure suit — acidité élevée, tanin élevé, corps plein — et c'est la combinaison qui explique son usage. Un raisin qui garde son acidité tout en accumulant du sucre et des tanins est exactement ce qu'on ajoute à un assemblage pour le tenir debout.
Les trois descripteurs portés par cette fiche — violette, myrtille, réglisse — sont des lectures de dégustation, pas des citations : aucune source ouverte pour cette fiche ne donne de profil aromatique du cépage. La violette est celle pour laquelle on l'incorpore, et c'est la seule qu'un dégustateur attribue au petit verdot dans un médoc.
Où il est nommé
Partout dans le Médoc, et toujours en accessoire : Margaux, Pauillac, Saint-Julien, Saint-Estèphe, le Haut-Médoc, et Pessac-Léognan dans les Graves. Aucune appellation ne l'élève au rang de cépage principal.
C'est une position singulière : un cépage que tout le monde autorise, que personne ne met en avant, et dont la disparition changerait le goût de vins qui ne portent pas son nom.
Ce que cette fiche ne dit pas
Elle ne raconte pas son histoire médocaine, ni le regain d'intérêt dont il fait l'objet depuis quelques décennies, ni ses usages hors de France, où des climats plus chauds le mènent à maturité sans difficulté et où il est parfois vinifié seul. Aucun de ces trois points n'a été vérifié pour cette fiche, et ce corpus préfère une lacune dite à une affirmation plausible.
Sources
- Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
- Source officielleArrêté du 27 avril 2026 homologuant le cahier des charges de l'AOC « Saint-Estèphe »— Légifrance — Journal officiel de la République française
- Source officielleArrêté du 31 juillet 2025 homologuant le cahier des charges de l'AOC « Haut-Médoc »— Légifrance — Journal officiel de la République française
- Source officielleCahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Margaux »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)