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Oenopia

Cépage noir · Gaillac

Prunelard

Prunelart (orthographe alternative, Sud-Ouest de la France)

Profil aromatique

Arômes primaires

  • Mûre

Structure

Aciditénon établi
Taninnon établi
Corps4–5
Alcool4–5

Identité

Le prunelard existe surtout parce qu'il a eu un descendant célèbre. Il est, établi par marqueurs génétiques, l'un des deux parents du cot — le cépage que Cahors a rendu mondial sous le nom de malbec.

Lui-même n'a pas de filiation documentée. Et il a failli disparaître : le VIVC ne recense que trois institutions qui le conservent, en France, en Italie et en Slovaquie. Pour un cépage français, c'est le seuil de l'extinction.

Un rescapé, et pourquoi

Sa quasi-disparition n'a rien de mystérieux. Pl@ntGrape le dit « peu productif ». Un cépage peu productif, dans un siècle où le rendement décidait de ce qu'on plantait, ne survit pas à la concurrence de sa propre descendance — le cot donne davantage, et sur les mêmes terroirs.

Il a été conservé pour ce qu'il est : un maillon. On garde un parent pour comprendre son enfant, et parfois pour refaire le croisement.

Ce qui rend son retour dans le cahier des charges de Gaillac remarquable : le texte en vigueur le nomme cépage principal des rouges et des rosés, aux côtés du duras, du fer et de la syrah. Un cépage relictuel promu au premier rang d'une appellation, c'est une décision éditoriale de vignerons, pas une donnée agronomique.

À la vigne

Débourrement et maturité à mi-saison, vigueur moyenne, port dressé, taille longue possible. Il est peu sensible à la pourriture grise.

Rien dans ce profil n'explique sa rareté, sauf la productivité. C'est un cépage cultivable, simplement pas rentable aux critères du XXe siècle.

Dans le verre

Corps plein et alcool élevé — les deux seuls caractères que la source chiffre, et ils dessinent un rouge puissant.

Un seul descripteur ici, la mûre, et il faut être clair sur ce qu'il vaut : la fiche d'origine le donne comme « registre estimé par proximité ampélographique avec le cot, non mesuré ». C'est une inférence à partir de son descendant, pas une dégustation du prunelard. Elle est signalée comme telle et elle ne sera pas complétée par d'autres du même acabit.

Un cépage dont on déduit les arômes de ceux de son enfant : c'est l'aveu d'une documentation mince, et cette fiche préfère le dire.

Où il est nommé

À Gaillac seulement, et au rang de cépage principal. Aucune autre appellation publiée de ce corpus ne le cite.

Ce que cette fiche ne dit pas

Le second parent du cot, et donc la filiation complète du malbec. Elle est établie, mais l'autre parent n'a pas de fiche ici, et cette fiche se garde de nommer ce qu'elle n'a pas vérifié. De même, rien sur les surfaces réellement replantées à Gaillac depuis sa réhabilitation, faute de source ouverte.

Sources

  1. Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
  2. Source officielleVIVC passport data — PRUNELARD (variety number 9792)— Julius Kühn-Institut — Vitis International Variety Catalogue
  3. Source officielleCahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Gaillac »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) / Ministère de l'agriculture