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Oenopia

Cépage blanc · Hermitage

Roussanne

Bergeron (Savoie (Chignin-Bergeron)) · Fromental (Rhône) · Roussanne Blanc (usage alternatif) · Petite Roussette (usage ancien)

Profil aromatique

Arômes primaires

  • Tilleul
  • Abricot
  • Aubépine
  • Poire

Arômes secondaires

  • Amande
  • Noisette

Arômes tertiaires

  • Miel
  • Fenouil

Structure

Acidité3–4
Tanin1–1
Corps3–4
Alcool3–4

Identité

La roussanne est le cépage difficile de l'Hermitage : vigueur faible, rendements irréguliers, sensibilité aiguë à l'oïdium — tout, chez elle, décourage le vigneron pressé. Et pourtant, aucune n'apporte à un assemblage rhodanien la finesse florale qu'elle seule sait donner.

Petites grappes, baies qui rougissent à pleine maturité, acidité plus marquée que celle de sa partenaire habituelle, la marsanne : la roussanne donne des blancs fins, puissants malgré tout, avec une aptitude au vieillissement qui surprend pour un cépage aussi capricieux à la vigne.

Histoire et origine

Le nom viendrait de la couleur rousse que prennent ses baies à pleine maturité. Le Vitis International Variety Catalogue (VIVC, n° 10258) n'indique aucun pedigree complet ni aucune filiation confirmée par marqueurs génétiques ; sa bibliographie documente une relation parent-descendant, sans qu'un parent précis soit nommé dans les données consultées en session. Autrement dit : la parenté souvent supposée entre la roussanne et la marsanne, sa partenaire de toujours à l'Hermitage, n'est ni confirmée ni infirmée par cette fiche — un « peut-être » scientifique qui n'a pas empêché deux siècles d'assemblage commun.

Le VIVC recense 27 synonymes, dont « Bergeron », nom d'usage en Savoie où le Chignin-Bergeron en tire son nom, et « Fromental », plus proprement rhodanien.

À la vigne

D'après la fiche Pl@ntGrape (n° 244, consultée en session), la roussanne débourre huit jours après le chasselas, variété de référence — une date tardive, plus qu'une première estimation ne le suggérait — et mûrit en deuxième époque, trois semaines et demie après lui. Sa vigueur est faible, ses rameaux très longs demandent un palissage soigné, et sa taille doit être adaptée au clone.

Le cépage se montre très sensible à l'oïdium, à la pourriture grise, aux acariens et aux thrips : une réunion de vulnérabilités qui explique en grande partie pourquoi la roussanne reste minoritaire, y compris à l'Hermitage où elle est pourtant l'un des deux seuls cépages blancs autorisés. Elle convient bien aux sols pauvres, argilo-calcaires, assez pierreux et bien exposés.

Dans le verre

Au nez, un registre floral d'une grande finesse : tilleul, aubépine, abricot — trois notes citées ensemble par Pl@ntGrape, avec le miel, comme la signature aromatique du cépage —, complétées d'une touche de poire. L'élevage ajoute amande et noisette.

En bouche, l'acidité est plus marquée que celle de la marsanne (3 à 4), le corps ample (3 à 4), l'alcool soutenu (3 à 4) : la roussanne conjugue puissance et fraîcheur, un équilibre rare. Avec l'âge, le miel s'installe, parfois complété d'une note de fenouil anisé, sur des vins qui peuvent se garder dix à vingt ans à l'Hermitage.

Grands terroirs

L'Hermitage est, avec la marsanne, son terroir de référence absolu : le cahier des charges n'autorise que ces deux cépages blancs, pour les vins blancs comme pour les vins de paille. On la retrouve, toujours assemblée à la marsanne, à Crozes-Hermitage et Saint-Joseph.

Dans le Rhône méridional, le cahier des charges de Châteauneuf-du-Pape l'admet parmi ses cépages blancs autorisés, à hauteur limitée dans un encépagement blanc qui reste minoritaire sur l'appellation.

Ce qu'on confond avec

La marsanne, sa partenaire quasi systématique en assemblage, est la confusion la plus fréquente : la marsanne donne le corps et l'amande, la roussanne la finesse florale et une acidité plus vive. Séparer les deux à l'aveugle, sur un assemblage bien fait, reste un exercice difficile même pour un dégustateur expérimenté.

Le viognier, autre blanc du Rhône septentrional, s'en distingue par une aromatique beaucoup plus exubérante (fleur d'oranger, pêche) et une texture plus grasse, sans la vivacité acide de la roussanne.

Sources

  1. Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
  2. Source officielleVIVC passport data — ROUSSANNE (variety number 10258)— Julius Kühn-Institut — Vitis International Variety Catalogue
  3. Ouvrage de référenceThe Oxford Companion to Wine— Oxford University Press
  4. Source officielleCahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Châteauneuf-du-Pape » (rouge)— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)
  5. Source officielleCahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Hermitage »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)