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Oenopia

Cépage blanc · Alsace

Auxerrois

Auxerrois Blanc (usage courant) · Pinot Auxerrois (usage commercial, Alsace) · Auxerrois Blanc de Laquenexy (usage ancien, Lorraine (France))

Profil aromatique

Arômes primaires

  • Pomme blette

Arômes tertiaires

  • Amande

Structure

Acidité1–2
Taninnon établi
Corpsnon établi
Alcoolnon établi

Identité

L'auxerrois est un cépage qu'on boit souvent sans le savoir, parce qu'il se vend sous le nom d'un autre.

En Alsace, la dénomination en usage « Pinot blanc » — ou « Pinot », ou « Klevner » — couvre deux cépages distincts : le pinot blanc B et l'auxerrois B. Une bouteille étiquetée Pinot blanc peut être l'un, l'autre, ou les deux assemblés. Rien sur l'étiquette ne le dira.

Et le nom lui-même est un troisième piège : l'auxerrois n'a rien à voir avec Auxerre, ni avec le cot que le Sud-Ouest appelle parfois « auxerrois ».

Une filiation qui en dit long

Le VIVC donne sa parenté, confirmée par marqueurs : Heunisch Weiss × Pinot.

C'est exactement le couple parental du chardonnay, du gamay et du melon de Bourgogne. Quatre cépages aux usages, aux couleurs et aux réputations incomparables, nés du même croisement — un pinot de prestige et un gouais blanc que les ampélographes du XIXe siècle méprisaient.

C'est l'une des leçons les plus claires de l'ampélographie moderne : la filiation ne prédit ni le goût ni le rang. L'auxerrois est le membre le plus discret de cette fratrie, et il n'est pas moins légitime que le chardonnay.

À la vigne

Il débourre tard, ce qui le met hors d'atteinte des gelées de printemps, et mûrit tôt. Cette combinaison est confortable : une saison courte, encadrée des deux côtés.

Sa vigueur est moyenne. Pl@ntGrape le situe sur les sols marneux et argilo-calcaires d'Alsace.

Dans le verre

C'est ici que la distinction avec le pinot blanc devient utile, et la source la fait nettement : l'auxerrois « mûrit plus tôt et donne des vins plus ronds et moins acides que le pinot blanc ».

Son acidité est basse. Les deux descripteurs de cette fiche, pomme blette et amande, sont des lectures de ce registre rond et mûr, pas des citations.

D'où la logique de l'assemblage sous une dénomination commune : le pinot blanc apporte la tension, l'auxerrois le gras. Ensemble ils font un vin que ni l'un ni l'autre ne ferait seul — ce qui est une bonne raison de les vendre sous un seul nom, même si ça prive le buveur de l'information.

Où il est nommé

En Alsace, cépage principal, sous la dénomination en usage qu'il partage avec le pinot blanc.

Il est aussi cultivé au Luxembourg et dans la Moselle allemande, où il porte son propre nom et se vend pour lui-même — mais aucune de ces régions n'a de nœud dans ce corpus et aucune source les concernant n'a été ouverte pour cette fiche.

Ce qu'on confond avec

Le pinot blanc, évidemment, et la confusion est inscrite dans le texte réglementaire. Retenir : l'auxerrois est le plus rond, le moins acide, le plus tôt mûr des deux.

Le cot, que le Sud-Ouest appelle localement « auxerrois » — un rouge qui n'a aucun rapport avec ce blanc alsacien. Homonymie pure, comme le « saint-émilion » des Charentes qui désigne l'ugni blanc.

Sources

  1. Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
  2. Source officielleVIVC passport data — AUXERROIS (variety number 792)— Julius Kühn-Institut — Vitis International Variety Catalogue
  3. Source officielleCahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Alsace » ou « Vin d'Alsace »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)