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Oenopia

Cépage blanc · Banyuls

Muscat d'Alexandrie

Muscat d'Alexandrie B (nom officiel du matériel de multiplication en France)

Profil aromatique

Arômes primaires

  • Fleur d'oranger

Structure

Aciditénon établi
Taninnon établi
Corpsnon établi
Alcoolnon établi

Identité

Le muscat d'Alexandrie est l'un des cépages les plus répandus au monde, et l'un des plus discrets dans ce corpus — où il n'apparaît que comme cépage accessoire d'une seule appellation.

C'est que son rôle français est marginal. Ailleurs, il fait les raisins secs de Malaga, les moscatels d'Espagne et du Portugal, et une part considérable du raisin de table méditerranéen. En France, il est l'appoint du muscat à petits grains dans les vins doux naturels.

Sa place dans la famille des muscats

D'après des analyses génétiques citées par Pl@ntGrape, il serait issu d'un croisement entre le muscat à petits grains blanc et l'heptakilo.

Autrement dit : il descend du muscat qu'il accompagne. Le muscat à petits grains est l'ancêtre de la famille, celui que ce corpus donne comme le plus intense et le plus fin ; le muscat d'Alexandrie est sa descendance, à plus gros grain et à parfum plus large.

C'est la troisième configuration de ce genre ici. Le muscat ottonel est un croisement voulu de 1839 fait pour porter le muscat vers le nord ; le muscat de Hambourg est un raisin de table anglais du XIXe siècle ; celui-ci est une descendance méditerranéenne ancienne. Trois façons d'étendre une famille.

À la vigne

Débourrement à mi-saison, maturité tardive, et une vigueur faible avec un port retombant.

La maturité tardive explique sa géographie : il lui faut de la chaleur jusqu'en automne, ce qui le cantonne au pourtour méditerranéen. Sous un climat plus frais, il ne finit pas — c'est exactement le problème que le muscat ottonel a été créé pour contourner.

Dans le verre

Pl@ntGrape atteste le registre : il « permet d'élaborer des vins doux naturels aux arômes puissants, élégants et floraux ».

Puissants, élégants, floraux — c'est une attestation générique, pas un descripteur nommé. Cette fiche en retient un seul, la fleur d'oranger, et son contexte dit exactement ce qu'il vaut : le registre floral est sourcé, le choix du descripteur pour le représenter ne l'est pas.

C'est un arbitrage que ce corpus fait souvent, et qu'il préfère expliciter plutôt que de laisser croire à une citation.

Où il est nommé

À Banyuls, cépage accessoire des vins doux naturels, aux côtés du muscat à petits grains.

C'est la seule appellation publiée de ce corpus à le citer, et c'est cohérent avec son usage français : le muscat de Rivesaltes, où il compte davantage, n'a pas encore de nœud ici.

Ce qu'on confond avec

Le muscat à petits grains, son parent, qui est le muscat des grands vins français — Alsace, Beaumes-de-Venise, Rivesaltes. Il est plus fin, plus épicé, à grain plus petit.

Le muscat de Hambourg et le muscat ottonel, les deux autres muscats de ce corpus, qui ne sont ni l'un ni l'autre ses parents.

Quatre muscats publiés ici, quatre histoires différentes : une souche, deux créations du XIXe siècle et une descendance méditerranéenne. Le mot « muscat » désigne un registre aromatique, pas une variété.

Sources

  1. Source officiellePl@ntGrape — le catalogue des vignes cultivées en France— IFV, INRAE et Institut Agro Montpellier (UMT Géno-Vigne®)
  2. Source officielleCahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Banyuls »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)