Sous-région
Côte de Beaune
Prolongeant la Côte de Nuits vers le sud à partir de Ladoix-Serrigny, la Côte de Beaune est plus large, plus ouverte et plus diverse : les marnes y montent haut sur le versant, et elle réunit les grands crus blancs de la Côte-d'Or, de Corton-Charlemagne au Montrachet (seul le Musigny, en Côte de Nuits, donne aussi un peu de blanc). Elle produit aussi des rouges, de Corton à Pommard et Volnay, et abrite à Beaune le cœur historique du négoce bourguignon.
Contours : INAO, Délimitation parcellaire des AOC viticoles (édition de septembre 2026) · Licence Ouverte
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- Aloxe-Corton
Village au pied de la butte de Corton, dont le nom donne l'appellation communale « Aloxe-Corton » et dont les pentes portent trois grands crus : Corton (rouge ou blanc) et Corton-Charlemagne (blanc), partagés avec Ladoix-Serrigny et Pernand-Vergelesses, et Charlemagne (blanc), partagé avec Pernand-Vergelesses seulement, une appellation distincte de Corton-Charlemagne. Le Corton est le seul grand cru rouge de la Côte de Beaune.
- Beaune
Appellation qui donne son nom à toute la sous-région sans en être le sommet viticole : Beaune est d'abord la capitale historique du négoce bourguignon, siège de l'Hôtel-Dieu fondé en 1443 et de la vente des Hospices de Beaune. L'appellation, sur la seule commune de Beaune, n'a aucun grand cru ; son cahier des charges classe 42 climats en premier cru. Environ 410 hectares en 2008, pour une production à 85 % en rouge.
- Chassagne-Montrachet
Village de la Côte de Beaune qui partage avec sa voisine Puligny deux grands crus de la famille Montrachet — Montrachet et Bâtard-Montrachet — et possède en propre un troisième, Criots-Bâtard-Montrachet. L'appellation communale, qui déborde sur Remigny en Saône-et-Loire, produit les deux couleurs : en moyenne près de 10 400 hectolitres de blanc et 5 300 de rouge par an, sur quelque 300 hectares en 2008, dont 170 en premier cru.
- Ladoix
Appellation communale (rouge et blanc) de Ladoix-Serrigny, commune la plus septentrionale de la Côte de Beaune, au revers nord-est de la butte de Corton ; son aire géographique compte aussi Magny-lès-Villers. La commune porte en outre une partie du vignoble des grands crus Corton et Corton-Charlemagne. Moins connue que ses voisines Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses, l'appellation en partage pourtant le sous-sol calcaire et marneux.
- Meursault
Village de la Côte de Beaune d'environ 400 hectares en 2010, dont 130 délimités en premier cru, Meursault ne compte aucun grand cru. Son cahier des charges le décrit très anciennement connu pour ses blancs : à une époque où les vins fins de Bourgogne étaient très majoritairement rouges, Meursault se distinguait par une production essentiellement blanche. Les blancs, de chardonnay et de pinot blanc, ont un bouquet capiteux ; depuis 1923, la Paulée, banquet de fin de vendange, les fait connaître.
- Pernand-Vergelesses
Village au revers ouest de la butte de Corton, donnant son nom à l'appellation communale « Pernand-Vergelesses » (rouge et blanc) et portant, avec Aloxe-Corton, la totalité de l'aire du grand cru « Charlemagne » ainsi qu'une partie de Corton et de Corton-Charlemagne. Son cahier des charges attribue à sa situation, en retrait de la Côte au fond d'une vallée ouverte au midi, une fraîcheur caractéristique de ses vins.
- Pommard
Appellation exclusivement rouge de la Côte de Beaune, entre Beaune et Volnay, au débouché d'une vallée encaissée qui sépare deux collines, au nord et au sud du village. Son cahier des charges décrit des vins à la structure solide, dont le velouté et le fruité assurent finesse et potentiel de garde : attaque ferme au sud du village, puissance alliant longueur et élégance au nord. Environ 320 hectares en 2008 ; aucun grand cru.
- Puligny-Montrachet
Village blanc de la Côte de Beaune, dont le territoire porte, seul ou en partage, quatre grands crus de la famille Montrachet : Chevalier-Montrachet et Bienvenues-Bâtard-Montrachet lui appartiennent en entier, Montrachet et Bâtard-Montrachet sont partagés avec Chassagne. L'appellation communale fait surtout du blanc : selon son cahier des charges, le pinot noir n'y occupe qu'environ 1 % des surfaces.
- Volnay
Village exclusivement rouge de la Côte de Beaune, sur environ 210 hectares en 2008 dont 144 en premier cru, Volnay donne sur ses calcaires et marnes des pinots noirs que son cahier des charges dit d'une grande finesse — une élégance que les auteurs du XIXe siècle plaçaient déjà « au sommet de la hiérarchie des vins de Bourgogne », et que la tradition surnomme « le vin des dames ». L'aire de l'appellation couvre Volnay et Meursault.
L'inversion
La Côte de Nuits et la Côte de Beaune forment un seul et même escarpement, mais elles n'y racontent pas la même histoire. La Côte de Nuits, de Dijon à Corgoloin, est le domaine quasi exclusif du pinot noir et réunit, de Gevrey-Chambertin à Vosne-Romanée, tous les grands crus rouges de la Côte-d'Or, à l'exception de Corton. La Côte de Beaune, qui la prolonge vers le sud à partir de Ladoix-Serrigny, inverse la hiérarchie : c'est ici que se trouvent les grands crus blancs de la Côte-d'Or — Corton-Charlemagne, Montrachet, Chevalier-Montrachet… —, le Musigny étant le seul grand cru de la Côte de Nuits à donner aussi un peu de blanc. Le pinot noir y garde pourtant ses villages surtout rouges, Beaune, Pommard, Volnay. Cette inversion se lit dans les appellations elles-mêmes, dans la couleur de leurs grands crus.
Le relief change aussi. La Côte de Beaune est plus large, plus ouverte, avec des marnes qui montent plus haut sur le versant qu'en Côte de Nuits. Le chardonnay domine à Meursault, Puligny et Chassagne ; le pinot noir, lui, occupe l'essentiel des coteaux de Beaune, Pommard, Volnay ou Savigny. Ce que le sol fait au goût du vin reste discuté : on se gardera d'en tirer un style.
Trois grands blancs, trois raisons différentes
Il serait facile, et faux, de résumer Meursault, Puligny-Montrachet et Chassagne-Montrachet à la même phrase — « grand vin blanc de Bourgogne ». Chacun mérite un fait qui le distingue vraiment des deux autres.
Meursault n'a aucun grand cru — fait unique parmi les trois, et que le cahier des charges de l'appellation, homologué par l'arrêté du 4 juin 2026, souligne lui-même en le mettant en perspective historique : « À une époque où les vins fins produits en Bourgogne sont très majoritairement des vins rouges, "Meursault" se distingue par sa production essentielle de vins blancs, contrastant ainsi avec les villages voisins, tels Pommard ou Volnay. » Ses climats les mieux classés sont ses dix-neuf premiers crus.
Puligny-Montrachet, à l'inverse, porte sur son territoire, seul ou en partage avec sa voisine, quatre des cinq grands crus de la famille Montrachet : Chevalier-Montrachet et Bienvenues-Bâtard-Montrachet lui appartiennent en entier, tandis que Montrachet et Bâtard-Montrachet se partagent entre Puligny et Chassagne. Selon son cahier des charges, le pinot noir n'y occupe qu'environ 1 % des surfaces.
Chassagne-Montrachet partage avec Puligny deux de ces mêmes grands crus (Montrachet et Bâtard-Montrachet), et possède en propre le cinquième, Criots-Bâtard-Montrachet. Mais Chassagne s'en distingue par sa production rouge : en moyenne 5 300 hectolitres de rouge pour près de 10 400 de blanc par an, selon son cahier des charges (chiffres de 2008), soit environ un tiers de rouge.
Beaune, Pommard, Volnay : le cœur rouge de la Côte
Beaune donne son nom à toute la sous-région sans en être le sommet viticole : la ville est d'abord la capitale historique du négoce bourguignon, siège de l'Hôtel-Dieu, fondé en 1443, et de la vente de charité des Hospices de Beaune, dont la récolte est vendue aux enchères chaque troisième dimanche de novembre au profit de l'hôpital. Comme Meursault, l'appellation Beaune n'a pas de grand cru ; elle compte quarante-deux climats classés en premier cru.
Pommard et Volnay, villages voisins, ne produisent l'un et l'autre que du rouge. Le cahier des charges de Pommard décrit des vins à la structure solide, dont le velouté et le fruité assurent finesse et potentiel de garde. Le cahier des charges de Volnay parle de vins d'une grande finesse, et la tradition surnomme Volnay « le vin des dames ». Ce même texte, homologué par l'arrêté du 20 février 2026, rappelle que les auteurs du XIXe siècle plaçaient Volnay « au sommet de la hiérarchie des vins de Bourgogne ».
Une sous-région à comprendre par ses contrastes
La Côte de Beaune n'a donc pas d'identité unique : elle en a plusieurs, empilées sur un même escarpement. Blanche dans presque tous ses grands crus, rouge à son cœur ; sans grand cru à Meursault et à Beaune, riche en grands crus à Puligny. C'est cette diversité de terroirs rapprochés — plus que n'importe quelle appellation prise isolément — qui fait de la Côte de Beaune un bon terrain pour comprendre la notion bourguignonne de climat : deux parcelles voisines, sur le même flanc de coteau, peuvent donner des vins différents.
Sources
- Ouvrage de référenceThe Oxford Companion to Wine— Oxford University Press
- Source officielleDécret n° 2011-1510 du 10 novembre 2011 relatif à l'AOC « Pommard »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)
- Source officielleDécret n° 2011-1753 du 2 décembre 2011 relatif à l'AOC « Chassagne-Montrachet »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)
- InterprofessionVins de Bourgogne — site officiel du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne— Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB)
- Source officielleArrêté du 20 février 2026 homologuant le cahier des charges de l'AOC « Volnay »— Ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire — Bulletin officiel (BO-AGRI)
- Autre sourceMontrachet, Chevalier-Montrachet, Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet et Criots-Bâtard-Montrachet— Wikipedia (anglais), recoupé avec Oxford Companion to Wine
- PresseComparaisons éditoriales Pommard / Volnay (Guide Hachette des Vins, Vinatis, doctorwine.wine)— Sources professionnelles multiples, recoupées
- Source officielleDécret n° 2011-1298 du 12 octobre 2011 relatif à l'AOC « Puligny-Montrachet »— Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)
- Source officielleArrêté du 4 juin 2026 homologuant le cahier des charges de l'AOC « Meursault »— Ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire — Bulletin officiel (BO-AGRI)