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Oenopia

Appellation

Vosne-Romanée

Carte d'identité

VillageAOPRouge

Bourgogne › Côte de Nuits · Reconnue le 11 septembre 1936

  1. Grand cru
  2. Premier cru
  3. Village
  4. Régional

À retenir

  1. Rouge seulement, sur les communes de Vosne-Romanée et Flagey-Échezeaux.
  2. Premier cru : 48 hl/ha au plus et 11 % vol. naturel au moins.
  3. En 1866, Vosne ajoute à son nom celui de son cru « la Romanée ».

Cépages

Vin rouge uniquementPinot noir

Admis en appoint dans le vin rouge : Chardonnay, Pinot blanc, Pinot gris (15 % au plus des vignes de chaque parcelle)

En mélange de plants dans les vignes seulement

Règles de production

  • 50

    hl/ha

    Rendement maximal

  • 10,5

    % vol.

    Degré naturel minimal

  • 9 000

    pieds/ha

    Densité de plantation minimale

Élevage minimal : Au moins jusqu'au 15 juin suivant la récolte

Terroir

  • Relief : Tout le versant, une partie du piémont, cônes des combes
  • Sols : Éboulis maigres en haut, sols plus argileux en piémont
  • Sols : Argiles riches en oxyde de fer, d'un beau rouge

Style des vins

Contours : INAO, Délimitation parcellaire des AOC viticoles (édition de septembre 2026) · Licence Ouverte

Appellation communale rouge de la Côte de Nuits, produite sur les communes de Vosne-Romanée et de Flagey-Échezeaux, Vosne-Romanée concentre sur un peu plus de cent cinquante hectares six grands crus en propre — Romanée-Conti, La Romanée, La Tâche, Richebourg, Romanée-Saint-Vivant et La Grande Rue — et quatorze climats classés en premier cru. Les deux grands crus de Flagey, Échezeaux et Grands-Échezeaux, lui sont adossés au nord, et les vins de village de Flagey sont vendus sous le nom de Vosne-Romanée. Le pinot noir y donne des vins de garde à la texture veloutée, que Gaston Roupnel appelait « la perle de la Côte ».

Le village

Vosne-Romanée tient dans un mouchoir de poche. Entre Dijon au nord et Nuits-Saint-Georges au sud, le village s'étire au pied du versant, et son vignoble couvre environ cent cinquante hectares en production. Sur cette petite surface se serrent six grands crus en propre et quatorze climats classés en premier cru.

L'appellation ne produit que du rouge, et un seul cépage compte : le pinot noir. Le cahier des charges admet le chardonnay, le pinot blanc et le pinot gris comme cépages accessoires, mais uniquement en mélange de plants dans les vignes et dans la limite de 15 % par parcelle — un vestige de l'ancienne complantation bourguignonne, qui ne change rien à la couleur du vin.

Le village n'a pas toujours porté ce nom. Jusqu'au XIXe siècle, on disait simplement « Vosne » ; la commune a accolé à son nom celui de son cru le plus prestigieux, la Romanée, comme Gevrey l'a fait avec Chambertin et Chambolle avec Musigny. Ce geste toponymique dit tout de la hiérarchie bourguignonne : c'est la parcelle qui fait la renommée du village, et non l'inverse.

L'appellation se produit sur deux communes : Vosne-Romanée et Flagey-Échezeaux. Flagey n'a pas d'appellation communale à son nom. Ses deux grands crus — Échezeaux et Grands-Échezeaux — sont des appellations autonomes, mais ses vins de village, eux, sont vendus sous l'étiquette Vosne-Romanée, et trois de ses climats (En Orveaux, Les Rouges, et une partie des Beaux Monts) sont classés en premier cru de Vosne-Romanée. Une bouteille de Vosne-Romanée peut donc venir d'un terroir qui n'est pas sur la commune de Vosne.

L'histoire est ancienne et monastique. L'abbaye de Saint-Vivant de Vergy, fondée vers 890 dans les Hautes-Côtes, possédait ici vignes et cuverie — d'où le nom de Romanée-Saint-Vivant. Flagey, lui, relevait de Cîteaux, fortement implantée depuis le XIIe siècle sur le territoire voisin de Vougeot. Au XVIIe siècle, le prince de Conti achète le clos qui portera son nom. En 1778, l'abbé Courtépée qualifie Vosne de « tête des vins de Bourgogne renommés dans toute l'Europe ». En 1936, Gaston Roupnel l'appelle « la perle de la Côte ». L'AOC est reconnue la même année, par décret du 11 septembre 1936.

La hiérarchie des climats

La Bourgogne classe des lieux, pas des propriétaires. C'est la différence de fond avec Bordeaux, où le classement de 1855 range des châteaux, c'est-à-dire des maisons de commerce dont les vignes peuvent changer. Ici, on classe le sol, et le classement survit à toutes les ventes.

La pyramide compte quatre étages, du plus large au plus étroit.

Les appellations régionales — Bourgogne, Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits, Coteaux Bourguignons — couvrent des aires vastes, souvent en plaine ou sur les plateaux, et autorisent les rendements les plus élevés. Une partie du territoire de Vosne et de Flagey en relève.

Les appellations communales, ou villages, portent le nom d'une commune : Vosne-Romanée en est une. Le rendement y tombe à 50 hectolitres par hectare, le titre alcoométrique naturel minimum monte à 10,5 %, la richesse minimale en sucre des raisins à 180 grammes par litre de moût.

Les premiers crus ne sont pas des appellations distinctes : ce sont des dénominations géographiques complémentaires de l'appellation communale. On écrit « Vosne-Romanée premier cru Les Suchots », jamais « AOC Les Suchots ». Le rendement descend à 48 hectolitres par hectare, le degré naturel minimum monte à 11 %, la richesse en sucre à 189 grammes. Le cahier des charges de l'appellation énumère nommément les quatorze climats qui peuvent en bénéficier ; un vigneron peut aussi vendre un assemblage de plusieurs d'entre eux sous la simple mention « premier cru », sans nom de climat.

Les grands crus sont, eux, des appellations à part entière : Romanée-Conti est une AOC, pas une mention de Vosne-Romanée. C'est pourquoi l'étiquette n'y porte pas le nom du village. Le rendement tombe entre 35 et 42 hectolitres par hectare selon le cru, le degré naturel minimum à 11,5 %. Il y en a huit autour de Vosne : six sur la commune de Vosne-Romanée, deux sur celle de Flagey-Échezeaux.

Cette hiérarchie n'est pas un palmarès de dégustation ; c'est une lecture du coteau, fixée par l'usage puis par le droit. Le classement de 1943, qui a arrêté la liste des premiers crus de Vosne, s'appuyait sur un classement des « crus de la Côte » datant de 1860 — lui-même héritier des observations de Jullien en 1816 et de Courtépée en 1778. Ce que la carte enregistre, ce sont deux siècles de dégustations concordantes. Les Climats du vignoble de Bourgogne — 1247 parcelles nommées au total sur la Côte — sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis le 4 juillet 2015 précisément pour cette raison : ils constituent un modèle de viticulture de terroir construit dans la durée.

Lire le coteau

Tout se joue sur cent cinquante mètres de dénivelé et quelques centaines de mètres de largeur. Le versant de la Côte de Nuits est un escarpement de faille orienté nord-sud : à l'ouest, les plateaux calcaires des Hautes-Côtes, entre 400 et 500 mètres ; à l'est, la plaine de Bresse, fossé d'effondrement dont l'altitude avoisine 250 mètres au droit de la Côte. Entre les deux, le coteau regarde l'est et le sud-est — il prend le soleil du matin, qui sèche la rosée, et s'abrite des vents dominants d'ouest derrière le Morvan.

La bande médiane, entre 250 et 300 mètres d'altitude — le haut du piémont, la mi-pente des vignerons —, est le cœur du dispositif. C'est là, et seulement là, que se trouvent les grands crus. Le cahier des charges de chaque cru le dit avec une précision de géomètre : Romanée-Conti entre 260 et 270 mètres ; Richebourg entre 260 et 290 ; Romanée-Saint-Vivant, le plus bas, entre 247 et 260 ; La Tâche, qui traverse le versant en bande étroite, entre 250 et 300 ; La Grande Rue entre 250 et 290 ; Échezeaux, sur Flagey, entre 260 et 300.

Le vocabulaire mérite une clarification, pour ne pas se contredire d'un paragraphe à l'autre : les cahiers des charges de ces mêmes grands crus situent leurs parcelles « en piémont du relief » ou « en piémont du versant », là où l'usage commercial appelle ce ruban la « mi-pente ». Les deux décrivent le même lieu sous deux angles : la mi-pente des vignerons est le haut de ce piémont géologique, la jonction entre l'escarpement et son glacis — le cône bien drainé de marnes et d'éboulis calcaires — au-dessus des sols profonds de la plaine et en dessous des sols minces et froids du haut de versant.

Ce qui rend cette bande unique, c'est un accident de la série calcaire. L'ossature du relief est faite de calcaires du Jurassique moyen — Bajocien et Bathonien —, dont le très compact « calcaire de Comblanchien ». Mais un niveau de marnes du Bajocien, c'est-à-dire de calcaires argileux, s'intercale dans cette série dans la partie basse du versant. Plus tendre, il s'érode davantage et dessine dans la topographie un léger replat, une concavité. C'est exactement là que se logent Romanée-Conti, Richebourg et La Romanée : « au creux de la concavité engendrée par le niveau marneux bajocien », écrit le texte officiel.

L'argile de ces marnes retient l'eau ; le calcaire fissuré au-dessous l'évacue. La vigne n'a donc ni soif ni pieds mouillés — un équilibre hydrique que ni le haut ni le bas du versant ne reproduisent. Par-dessus le substrat, une couche mince de colluvions — quelques décimètres à un mètre au plus — mêle des éboulis calcaires à des argiles et des limons descendus des reliefs supérieurs. Ces argiles sont si riches en oxydes de fer qu'elles donnent au sol sa couleur rouge caractéristique, visible dès qu'on gratte un rang.

Au-dessus de cette bande, la pente se redresse, les sols deviennent squelettiques et très pierreux, le substrat affleure par endroits. C'est le domaine des premiers crus de haut de versant : Les Petits Monts, Aux Raignots, Cros Parantoux, Aux Brulées, Les Beaux Monts, Les Rouges, En Orveaux. La vigne y mûrit plus tard, les vins y gagnent en tension et en parfum ce qu'ils perdent en chair.

Au-dessous, dans le bas du piémont et la plaine, le glacis s'aplatit sur des formations conglomératiques tertiaires — blocs et cailloux calcaires noyés dans une marne rose saumon — et les épandages argilo-limoneux s'épaississent jusqu'à un demi-mètre. C'est le terroir des villages et des premiers crus bas : Les Chaumes, le Clos des Réas. Plus bas encore, au-delà de la route — l'ancienne RN 74, aujourd'hui D 974, qui longe le pied de la Côte —, le sol devient trop profond et trop fertile : on quitte l'appellation communale pour les appellations régionales.

La règle tient en une phrase, et c'est elle que le vigneron applique chaque jour : plus on monte, plus le sol est maigre, pierreux et froid ; plus on descend, plus il est profond, argileux et fertile ; la qualité se loge dans la bande étroite où ces deux gradients se croisent. Deux combes — vallées sèches encaissées bordées de falaises — entaillent le versant et nuancent le tableau : elles apportent un courant d'air frais, et leurs cônes de déjection déposent au débouché un sol caillouteux et très bien drainé, sur lequel sont assis l'Échezeaux et les Grands-Échezeaux.

Le climat, enfin, est océanique frais : environ 730 millimètres de pluie par an, répartis sans sécheresse estivale marquée, une moyenne annuelle de 10,5 °C. La Côte bénéficie d'un abri thermique et d'un déficit pluviométrique notables pour la région, à l'est du Morvan — c'est ce microclimat, et non la latitude, qui rend le pinot noir mûrissable ici.

Les Grands Crus

Romanée-Conti — 1,81 hectare, monopole du Domaine de la Romanée-Conti. Le climat occupe le centre exact de la concavité marneuse, entre 260 et 270 mètres, sur une pente douce exposée à l'est. Le sol rouge, mince, couvre les marnes bajociennes puis, vers le bas, des calcaires à entroques. Production moyenne : 46 hectolitres par an, soit à peine plus de six mille bouteilles. Rendement autorisé le plus bas de Vosne, avec La Tâche : 35 hectolitres par hectare.

La Romanée — 0,85 hectare, monopole du Domaine du Comte Liger-Belair. Juste au-dessus de la Romanée-Conti, sur une pente un peu plus vive, dans la même concavité mais avec des calcaires tendres et gélifs par-dessus les marnes. La somme de ses surfaces en fait la plus petite appellation d'origine contrôlée de France. Rendement : 38 hectolitres par hectare.

La Tâche — environ 6 hectares, monopole du Domaine de la Romanée-Conti. Au sud du coteau, en bande étroite qui descend tout le versant entre 250 et 300 mètres : calcaires à entroques et marnes en bas, calcaires tendres du Bathonien en haut, conglomérat tertiaire à l'est près du village. Cette traversée de plusieurs terroirs explique la complexité du vin. Rendement : 35 hectolitres par hectare.

Richebourg — environ 8 hectares d'aire délimitée, partagés entre plusieurs domaines. Au nord de la Romanée-Conti, entre 260 et 290 mètres, en légère pente et au creux de la même concavité marneuse. Les sols, fortement argileux mais bien drainés par le calcaire sous-jacent, donnent les vins les plus amples et les plus charnus des grands crus de Vosne. Rendement : 42 hectolitres par hectare.

Romanée-Saint-Vivant — 9,4 hectares. Le plus bas et le plus profond des six : il occupe un léger replat qui domine le village, entre 247 et 260 mètres, sur calcaires à entroques et, vers l'est, sur le conglomérat tertiaire à matrice marneuse rose saumon. Son nom garde la mémoire de l'abbaye de Saint-Vivant de Vergy. Rendement : 42 hectolitres par hectare.

La Grande Rue — 1,65 hectare, monopole du Domaine François Lamarche. Bande étroite descendant la pente entre 250 et 290 mètres, prise en tenaille entre La Tâche au sud et la Romanée-Conti au nord. La géographie lui promettait le rang de grand cru ; elle est pourtant restée premier cru jusqu'au décret du 2 juillet 1992, ce qui en fait le dernier-né des grands crus de la Côte de Nuits. Rendement : 42 hectolitres par hectare.

À ces six crus s'ajoutent, sur la commune de Flagey-Échezeaux, Échezeaux (36 hectares en production, réparti sur plusieurs lieux-dits entre 260 et 300 mètres, au débouché d'une combe) et Grands-Échezeaux (9 hectares nichés au pied de la Côte, sur le cône de déjection, voisin immédiat du Clos de Vougeot). Ce sont des appellations autonomes : on ne lit jamais « Vosne-Romanée » sur leur étiquette.

Les Premiers Crus

Le cahier des charges de l'AOC Vosne-Romanée énumère quatorze climats pouvant bénéficier de la mention « premier cru ». Les voici dans l'orthographe du texte officiel, lus du haut du versant vers le bas.

En haut, sur la pente forte et les sols squelettiques : Aux Brulées (4,6 hectares, au-dessus de Richebourg, réputé le plus chaud et le plus précoce), Cros Parantoux (1 hectare enclavé entre Aux Brulées et Richebourg, défriché à la pioche et révélé par Henri Jayer à partir des années 1950), Les Petits Monts (3,7 hectares en terrasses étroites juste au-dessus de Richebourg et de La Romanée), Aux Raignots (1,6 hectare directement au-dessus de La Romanée), Les Beaux Monts (12 hectares à cheval sur les deux communes), et, sur Flagey, Les Rouges (2,6 hectares) et En Orveaux (1,9 hectare), les plus septentrionaux et les plus élevés de tous.

À mi-pente et sur le piémont : Les Suchots (13 hectares, le plus étendu des quatorze, entre Richebourg et l'Échezeaux), Les Gaudichots (0,8 hectare en trois fragments enroulés autour de La Tâche, vestige d'un climat historiquement bien plus vaste), La Croix Rameau (0,6 hectare, le plus petit, en contrebas immédiat de la Romanée-Saint-Vivant).

En bas et au sud, là où le sol s'épaissit : Les Chaumes (6,9 hectares sous La Tâche et Aux Malconsorts), Aux Malconsorts (5,9 hectares à l'extrémité sud, dans le prolongement des Boudots de Nuits-Saint-Georges, souvent cité parmi les premiers crus les plus proches du niveau grand cru), Au-dessus des Malconsorts (1,1 hectare perché juste au-dessus du précédent) et Clos des Réas (2,1 hectares clos de murs au sud-est du village, monopole du Domaine Michel Gros).

Trois de ces climats se trouvent en tout ou partie sur la commune de Flagey-Échezeaux : En Orveaux et Les Rouges entièrement, Les Beaux Monts à cheval sur les deux communes. Ils n'en sont pas moins vendus en Vosne-Romanée premier cru.

Deux remarques d'orthographe, parce qu'elles trompent souvent. Le texte officiel écrit Aux Brulées sans accent circonflexe et Aux Raignots, là où le commerce écrit « Brûlées » et « Reignots ». Et il retient Les Rouges dans la liste des climats classés, alors que sa propre liste de lieux-dits cadastrés de Flagey porte « Les Rouges du Dessus » — même terroir, deux noms.

Mini-défi

Vosne-Romanée

3 questions sur Vosne-Romanée, toutes justes : l'appellation devient maîtrisée dans votre Atlas.

Préparation du mini-défi…